Le pourquoi de ce blog.

Il y a quelques temps, j'avais reçu une météorite sur le coin de la figure. Ma vie avait été bouleversée par une onde sismique, par un tremblement de terre, un tsunami, et depuis, encore ébranlée par ce que j'avais découvert, je commençais à goûter une liberté toute nouvelle...Tout ce que j'avais vécu petite, ces revirements d'humeur, ces changements d'avis, ces crises de rage inexplicables, ces montagnes russes émotionnelles avec ELLE, avec ma génitrice, sont connues des psychiatres et répertoriées sous le terme de trouble BORDERLINE ! Tout ça, c'était il y a plus de six mois.
  A présent, le temps a passé. Je me suis rendue compte que ce qui importait n'était pas tant le terme que l'on pouvait coller sur le comportement de ma génitrice. Ce qui importait, c'était ce que j'avais vécu. C'était la violence, la maltraitance.
Peu importe qu'elle soit malade ou non, puisque dans sa vie, tout va bien apparement, et puisqu'elle est parfaitement sociable, intégrée au monde des "gens normaux", (sommes-nous normaux, nous tous ???). Elle a un métier, des amis, des sorties, des dîners..
A l'époque où j'avais cru découvrir sa "maladie", j'ai lu des livres, j'ai fouillé différents sites internets (pas toujours très nets !), j'ai tenté de parler...je me suis faite bien culpabiliser par certains psys de pacotille oeuvrant sur le net, me disant de pardonner à ma mère, puisque c'était une malade.
Le besoin d'écrire et de partager ce que j'ai vécu s'est fait sentir de façon si forte que l'idée de créer un blog est devenue de plus en plus présente.  Je suis passée à l'acte. Je l'ai intitulé "borderline mother" car c'est ce qui m'avait paru le plus pertinent. Maintenant, je ne suis pas sûre de vouloir ranger ma mère dans la catégorie bien définie des borderlines. Une personnalité pathologique, c'est trop complexe. Justice et psychiatrie s'accordent à dire que les personnalités limites sont responsables de leurs actes. Donc, passons sur la responsabilité de telle ou telle personne. L'essentiel est de parler, de se libérer. Pour un mieux être, sans idée de vengeance ou d'humiliation. Dire les choses, dire la vérité telle qu'elle est.
Ainsi, à tous ceux qui tombent par hasard sur ce blog, à tous ceux qui souffrent encore de ne pas avoir été compris, à tous ceux qui se sentent méchants, ingrats envers leur mère, à tous ceux qui ont été victimes d'humiliations et de violences cachées, je dédie ces pages. Des pages constructives...
Bonne lecture !
Mardi 10 janvier 2012 2 10 /01 /Jan /2012 11:29

Il aura fallut d'une fois pour qu'elle me tue à nouveau. En 10 minutes. Alors que quand j'étais enfant et ado, ces attaques étaient perpétuelles. Permanentes. "Laide, sale, souillonne, grande dégueulasse, salope, pourriture de môme, ordure..." Voilà les mots que je recevais de celle qui m'a donné le jour.

 

J'ai eu ce que l'on appelle une piqûre de rappel. Un bon vaccin, en ce dimanche premier janvier 2012. Bonne année, Mémoria ! Je te souhaite tout le bonheur du monde ! Finalement, l'histoire ne fait que se répéter. Je ne peux plus fuir. J'ai trop besoin de mon père, j'ai trop besoin de l'océan, de la mer... Mais ils habitent toujours ensemble. Tant pis pour elle. Je voudrais retrouver la force que j'ai eu à 12 ans et demie, la lucidité de comprendre si jeune ce qu'il lui arrivait, le fait qu'elle était folle. Et la mettre hors de moi.Sa méchanceté, sa perversité, son agressivité permanente, ses mots déplacés, méchants : "Ah ! Tu vas voir le cholestérol, à manger autant de beurre ! C'est héréditaire ! phhhhh !" alors que je me faisais de simples tartines de beurre. Je lui ai rétorqué : "J'ai fait une analyse il y a deux mois, 1,98 !" Je triomphais. Je la rembarrais à chacune de ses attaques. Et puis le dernier jour, elle m'a coincée dans un coin, sans que mon père ou mon mari soit là....elle m'a sauté à la gorge et elle a attaqué, elle m'a fait tout le mal possible...Je l'ignorais, je rassemblais mes affaires pour les ranger... et elle harcelait, elle attaquait, elle agressait...

 

A 13 ans, c'était facile. Parce que j'ai été aidée. J'ai trouvé sur mon chemin des gens qui m'ont aidés, des gens qui m'ont dit que j'avais des qualités, des gens qui m'ont fait des compliments, qui m'ont révélé à moi-même. Intimement, ces paroles bienveillantes ont été gravées en moi, au plus profond de moi. J'ai su que j'étais faite pour l'art, pour la création artistique, la musique ; j'ai été soignée au plus profond, à l'âge de 13 ans, par des artistes, des personnes qui ont vu en moi les talents. J'ai su quelle était ma voie. Mais ma mère a tout fait pour me détruire, pour m'orienter, pour me coller un métier qui ne me correspond pas. Dans lequel je perds la santé, la boule, l'espoir. Rien ne me reste. Rien... Je n'ai plus d'espoir dans ce milieu. Notre enthousiasme est bridé. Rien de ce que l'on fait n'est bien. On n'est pas soutenus.

 

Je n'ai pas dormi de la nuit. Mais j'ai pris une grande décision. J'ai décidé de vivre mes rêves, de les assumer. J'ai décidé de quitter mon métier. Pour de bon cette fois, de ne pas faire semblant. Première étape, repasser à mi-temps. Et puis économiser. Parce que je veux vraiment devenir artiste... Mon premier recueil de nouvelles va sortir dans les mois qui viennent. Consensuel... Chiadé. Propret. Dans une petite boite d'édition. Sortie initialement prévue le 16 mars. Y'aura certainement du retard... Parce que j'osais pas m'affirmer au début, dans mes premiers écrits. Je n'osais pas dire qui j'étais. Je ne m'impliquais pas. Mais j'ai ce roman de 500 pages non relu, auquel il manque un souffle vital. Personnel. Violent. Parfois trash. Mais jamais gratuit.

 

Je ne pouvais pas aller travailler dans l'état dans lequel je suis. Je me serais faite bouffer toute crue par les gamins. Un enfer. Je vis un enfer dans ce collège de banlieue parisienne. Je vis un enfer. Perpétuation de l'enfer maternel, qui est prof également, dans la presqu'île guérandaise. "Ah ! On a plein de problèmes sociaux, une fille est tombée enceinte le mois dernier !" m'a-t-elle sorti la semaine des vacances. Et bé, s'il ne s'agissait que de cela ! Moi, c'est tous les jours qu'il y a des histoires de moeurs, des histoires de gamins de 11 ans, deux garçons surpris à se faire des fellations dans les toilettes du collège, des bagarres, des disputes, des insultes, des insolences, des incivilités. Je me suis faite traiter d'"enculée " par une gamine de 12 ans parce que je lui demandais très gentiment de sortir une feuille de copie pour faire son contrôle.  Mais pourquoi ma mère se sentait-elle obligée de se comparer à moi, encore et toujours ? Pourquoi ?  Pourquoi me rabaisser ? Pourquoi me dire qu'elle était pour le racourcissement des vacances scolaires, pour l'allongement du temps de travail des profs ? Alors qu'elle devrait déjà être en retraite ?

 

Je ne pouvais pas travailler en n'ayant pas dormi cette nuit. Alors je suis allée voir mon médecin à qui j'ai tout raconté, ma mère, l'engueulade par mon chef mardi dernier, injustement, parce qu'une chaise de ma salle a été cassé par les mômes, alors que mon cours était fini et que j'y étais pour rien. Je vais prendre du recul. Arrêter de culpabiliser. Arrêter et préparer ma démission. Je vais démissionner. Je ne vais pas rester dans ce milieu de tarés. Je ne suis pas faite pour enseigner dans un asile psychiatrique. Non. Je ne laisserai plus jamais personne me mépriser, me maltraiter. Surtout pas au travail. Jamais. Plus jamais.

Par Memoria
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Mercredi 4 janvier 2012 3 04 /01 /Jan /2012 08:40

En ce matin de janvier, réveillée à 5 heures, sans possibilité de me rendormir, j'ai envie de mourir. M'ouvir les veines, regarder couler le sang, après avoir avalé deux boites de lexomil, activer tout cela par un litre d'alcool, moi qui ne bois jamais ou presque, cela devrait accélérer les choses. Je ne suis qu'une merde, qu'une merde profonde. Je ne suis pas capable de vivre. Je ne vaux rien. Toute cette souffrance...Après trois ans, j'ai revu ma mère. En deux minutes, elle m'a détruite. Elle a réussi. Elle a réussi à me coincer dans un coin de la maison, à La Baule, à me dire que tous les "problèmes que j'avais avec elle, c'était de ma faute"... Elle avait la haine à la bouche. On ne s'est pas adressées la parole de la semaine. Elle a juste écouté aux portes et surpris une conversation entre mon père et moi où je disais que son agressivité permanente n'était pas normale et qu'elle devrait certainement suivre une médication pour lui enlever ces poussées d'agressivité. Après trois ans sans la voir, cela m'a fait un choc. J'étais détachée, j'étais blindée. Je ne sais pas comment elle a fait pour me tuer à nouveau. Pour que l'envie de mourir depuis trois jours soit plus forte que tout. Je me fiche de nommer les choses. Elle s'appelle Anita. Elle s'appelle Anita M. Issue de l'immigration espagnole. M, le nom le plus courant donné en Espagne. Elle est née à Saint Nazaire. Je voudrais que tout le monde sache l'enfer qu'elle nous fait vivre à mon père, à mes frères et à moi. Elle est folle. Personne ne le sait... Tout le monde s'en fout. Et moi, je veux mourir. Alors je me fiche de tout. Dire qui elle est, l'anonymat, tout ça, c'est des foutaises. On s'en fout. La folie cachée, la haine intestine... Il y a des gens qui meurent, tués psychologiquement par d'autres. Personne ne peut comprendre. Les histoires de cousines retrouvées, d'amitiés, d'il y a deux ans. Foutaises, tout ça. Tout le monde vit sa vie, tout le monde se fout de tout.
Je hais ce métier violent que j'exerce, professeur de lettres en banlieue chaude, avec des élèves intenables, intenus, grossiers. C'est elle qui m'a forcé à être prof. Comme elle. Je n'ai pas d'avenir. Je n'ai plus d'espoir. Je ne réussis rien. Je n'ai pas d'amis. Je ne peux parler à personne de ce qui m'arrive. Je suis moche. 5è bouton d'herpès en deux mois. Je suis laide. J'ai des cicatrices sur le corps. Je ne peux pas avoir d'enfants. Et d'ailleurs, qui voudrait d'une mère comme moi ? C'est pas physique, c'est psychologique. L'état de grossesse est une chose qui me semble impossible.  Je deviendrais folle. Je ne veux pas que mon corps se transforme. Je ne veux pas devenir comme elle. Je ne peux pas être mère. Si seulement j'étais morte, ce 23 juin 1994, lors de cet accident de voiture, j'aurais pas autant souffert, 17 ans plus tard, je serais pas là où j'en suis. Alors je me dis que cela suffit, les conneries. Ma mort ne dérangerait personne. Personne ne se soucierait de moi. Si, ça ferait "bizarre", les gens se sentiraient coupable. Coupable de quoi ? Une loque sans sommeil, sans équilibre. Je me détruits dans l'Education Nationale, en banlieue parisienne, sans personne. Sans famille. Loin de la mer qui m'a vue grandir, loin de toute vie sociale. Onze ans de psychanalyse pour ça. Tout ça pour ça...

Par Memoria
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Vendredi 26 août 2011 5 26 /08 /Août /2011 11:41

Je vais supprimer mon blog. J'en ai marre de penser qu'une partie (toute petite partie) de moi-même puisse être lue par n'importe qui. Cela me fait peur. Alors je vais donc arrêter d'écrire dans un premier temps, puis je vais sauvegarder tous mes posts, je ne sais pas comment, mais je vais les sauvegarder pour moi et moi seule. Ensuite, je supprimerai mon compte.

 

Adios amigos !

Par Memoria
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Mardi 23 août 2011 2 23 /08 /Août /2011 14:47

Voilà, je suis rentrée de vacances ! Quel bonheur ! Que de bonnes nouvelles en ce moment ! J'ai envie de faire le ménage sur mon blog. Non pas de supprimer des posts, mais de lui donner un nouveau look, tout en gardant les dessins que j'ai publiés... Car ce sont les miens, quand même. Je suis en train de réfléchir à une nouvelle présentation, un nouveau bandeau, de nouvelles couleurs...

Pour dire que ces tergiversations à propos de ma mère sont en train de se fixer. Je commence à avoir une image fixe de celle qui a pourri ma vie. Je commence à savoir la mettre hors de moi.

 

Je voudrais parler de quelque chose que j'ai découvert récemment. Mon principal problème, concernant ma vie, est que j'ai peur de ne pas pouvoir dormir la nuit. Mes pensées tournent, retournent, et retournent. Je n'arrive pas à prendre de distances, quand je suis stressée. Et cette peur, ces angoisses, c'est ma mère qui me les a collées dans le crâne. J'ai donc cherché pendant des années le moyen de faire baisser la pression le soir, le moyen de ne pas réfléchir, de me détendre. Mais cela n'a jamais été suffisant.

 

Je viens de retrouver la méthode pour DORMIR véritablement... Le processus que suit le corps pour pouvoir s'endormir. C'était tout simple et il suffisait d'y penser. Jamais je n'avais pratiqué le Yoga Nidra comme je le pratique depuis deux mois, grâce à un enregistrement téléchargé sur amazon... Actuellement, je suis seule à la maison. Je suis seule depuis cinq jours, mon mari étant en déplacement aux US. Le moyen le plus évident pour que je me mette à stresser et angoisser comme une folle. Et bien grâce au Yoga Nidra, le soir, je tombe dans le sommeil le plus profond à chaque fois. Le truc, c'est qu'il faut que je prévoie une heure avant l'heure où j'ai choisi de m'endormir pour pouvoir me passer mon enregistrement. Après, je dors comme une masse.

 

Il faut savoir aussi que le magnétiseur que je vois depuis le mois de Mars m'aide à guérir. C'est fou, je ne pensais pas que cela puisse me faire plus de bien que la psychanalyse, ce magnétiseur. Espérons qu'avec la reprise de mes cours en collège, mes bonnes résolutions pour couper avec le stress marcheront !!!

Par Memoria
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Jeudi 21 juillet 2011 4 21 /07 /Juil /2011 13:13

C'est ce que je viens de lire dans un forum qui recensait mon cas en ce qui concernait l'incestuel. Alors ça, j'ai jamais eu l'impression d'être un cas extrême, je n'arrive pas à me positionner en victime. Pour moi, c'était naturel, ça fait partie de moi, de mon passé. Je ne me considère pas comme un cas. Parce que justement, ma mère faisait tout pour que mes frères et moi, considérions ces atteintes à la pudeur comme étant normales.

 

Aujourd'hui, plus d'une moitié de vie s'est écoulée après ces événements mais j'ai du mal à m'en remettre et dans ma vie de tous les jours, je ne me considère pas différente des gens qui m'entourent. Pourtant, je le devrais. Je n'arrive pas à penser que ces atteintes à la pudeur perpétuelles ont pu faire de moi cette personne sans aucune confiance, cette personne à la sensibilité exhacerbée, artiste, que je suis.

 

Je suis une écorchée vive mais c'est pas comme cela que je me vois. Je suis juste une personne qui a eu plus de flair que d'autres, dans la famille, pour avoir le courage de couper les ponts. Mon cousin est l'autre personne qui a eu ce courage aussi. Samedi soir, avec mon mari, nous avons ouvert le champagne chez lui, pour fêter son nouvel appartement, son nouveau petit chat, son nouveau départ dans la vie. Sa mère ne sait pas où il habite, et elle ne le saura jamais. Il a enfin décidé lui aussi de partir de chez celle qui n'arrête pas de dire du mal de lui depuis toujours, celle qui l'a maltraité, qui le traite d'ordure, qui l'a foutu deux fois à la porte de chez elle.

 

De l'extérieur, je suis une personne "normale", je dirais même plus rangée, plus équilibrée, que bien des gens qui m'entourent. Je vis dans ma tour d'argent, dans mon îlot de verdure, dans ce jardin plein d'arbres, de chants d'oiseaux depuis huit ans. Moi qui ai déménagé 13 fois en 10 ans, c'est une source de tranquilité incroyable. J'ai le même métier depuis 7 ans, je n'ai pas changé, même si l'envie ne m'en a pas manqué. Le même mec depuis 12 ans. Aucune tromperie dans l'air. Un modèle de stabilité dans la famille, je dirais !

 

Alors "cas extrême", oui, mais j'en ai réchappé. Pas totalement, mais c'est sur la bonne voie...

Par Memoria
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